Qu’est-ce que l’hypnose

L’hypnose est souvent considérée comme l’accentuation d’un état banal et fréquent de la vie quotidienne.

D’après Thierry Melchior[1], « induire une transe, c’est aider une personne à entrer dans un type de relation au monde, à l’hypnotiste et à elle-même, telle qu’elle va se focaliser sur ses processus internes, ses sensations physiques, ses émotions, ses souvenirs, ses fantasmes… »

L’hypnose est toujours, fondamentalement, de l’auto-hypnose

« L’hypnose est toujours, fondamentalement, de l’auto-hypnose : la personne se met elle-même dans cet état, en utilisant l’environnement verbal fourni par le thérapeute. »

L’hypnose est parfois définie comme un accès à l’inconscient, notamment par Erickson lui-même : « L’hypnose offre tant au patient qu’au thérapeute un accès aisé à l’esprit inconscient du patient. Elle permet de s’occuper directement de ces forces inconscientes (…) et auxquelles on doit accorder toute l’attention requise si l’on souhaite obtenir des résultats thérapeutiques. »

Mais qu’est-ce que l’inconscient ? Il est impossible à définir, et même remis en question par le grand psychanalyste et philosophe François Roustang, qui affirme que l’inconscient n’existe pas en tant que tel, mais seulement à travers le langage[2].

Quel rapport avec la sophrologie ?

Il existe autant de styles d’hypnoses que d’hypnothérapeutes. En effet, c’est seulement après s’être approprié les méthodes, l’ensemble des principes qu’une personne peut mettre en place le processus pour ses patients. Il peut y avoir des approches qualifiées de « dirigistes », où le patient est passif et reçoit des suggestions de la part du thérapeute.

Notre pratique est au contraire basée sur le corps, le ressenti, et le rôle actif du patient. Elle est en cela assez proche de la sophrologie, à certaines différences près1. En hypnose, il n’y a pas de « projet » pour le patient de la part du thérapeute. Pas de protocole ou d’évolution de référence qui donne une évaluation de là où en est la personne, et du chemin à suivre.

Il n’y a en eïnothérapie – mot désignant l’hypnose que nous pratiquons – que des propositions de la part du thérapeute. Ce qui mène à une évolution libre et non imposée du patient. Une différence importante est donc le positionnement du thérapeute par rapport au patient.

D’autre part, on ne s’arrêtera pas à la découverte des sensations du corps, on ira au-delà en allant chercher les traumatismes et blocages, physiques autant que « psychiques ». On amènera la personne à s’installer confortablement dans ses problématiques, puis à laisser le corps prendre toute sa place, et résoudre les blocages par lui-même. C’est une technique non intrusive, qui amène là où le patient est prêt à aller.

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[1]          T. Melchior, Créer le réel . Hypnose et thérapie. Paris: Le Seuil, 2008.

[2]          F. Roustang, Qu’est-ce que l’hypnose ? Paris: Minuit, 2002.

[3]          C. S. Sophrologie, « Histoire de la sophrologie – Origine et dates clés », Chambre Syndicale de la Sophrologie. .

  1. Le mot « sophrologie » est créé en 1960 par un neuropsychiatre espagnol, Alfonso Caycedo (1932-2017), qui pratiquait l’hypnose.

    Ce terme désignait à l’origine les techniques d’hypnose utilisées par les psychiatres en milieu hospitalier. Ceci permettant aux patients de prendre conscience de leurs états et de se rendre acteurs dans leur traitement[3]